Sur le web, l’attention est devenue une ressource rare. Plusieurs études montrent que la majorité des internautes ne lit pas un contenu mot à mot, mais le parcourt visuellement à la recherche de repères. Le célèbre travail du Nielsen Norman Group estime qu’en moyenne, les utilisateurs ne lisent qu’environ 20 à 28 % des mots d’une page.
Sur le web, le vrai enjeu n’est plus d’être lu, mais d’être compris en quelques secondes
En 1998, il aurait indexé environ 26 millions de pages web (26 000 000).
Aujourd’hui, le moteur de recherche auraient référencés des centaines de milliards de pages web (plusieurs x 100 000 000 000).
En tant que lecteur, le problème n’est plus de trouver une information, mais de savoir rapidement laquelle mérite notre attention.
Depuis des années, les bonnes pratiques sont connues : hiérarchie des titres, paragraphes courts, listes, images, vidéos, légendes… . Le lecteur, lui, recherche toujours plus à gagner du temps.
Les travaux de Jakob Nielsen montrent que ces trois techniques combinées peuvent même augmenter l’utilisabilité de 124 % par rapport à un texte traditionnel.
- réduire la longueur des textes
- + mettre en évidence les mots-clés
- + structurer l’information
FAUT-IL ALLER PLUS LOIN ?
Une piste consiste à proposer trois niveaux de lecture.
- Le premier grâce au texte courant, qui développe les idées
- Le second grâce au gras, qui fait ressortir les idées essentielles
- Le second grâce au surlignage, réservé aux messages que le lecteur doit retenir avant même de commencer sa lecture
Dans Building a Second Brain, Tiago Forte rapporte les propos de Benigno : « Je savais instinctivement qu’envoyer un long article à des amis ne servait généralement à rien. Mais lorsque le texte était surligné, ils pouvaient le parcourir rapidement.«
Cette observation fait écho à mon expérience : partager une information intéressante tout en craignant qu’elle ne soit jamais lue. L’idée d’ajouter un niveau de lecture permettant d’aller directement à l’essentiel semble donc séduisante.
Mais est-il envisageable d’intégrer cette pratique dans un processus de production : est-ce une réelle opportunité ?
NOUVEAU NIVEAU DE LECTURE OU UNE COMPLEXITÉ INUTILE ?
Les recherches restent toutefois nuancées. Une étude de 2016 sur la lecture hypertexte montre que le surlignage seul n’améliore pas nécessairement la compréhension. En revanche, plusieurs travaux indiquent que les éléments mis en évidence attirent davantage l’attention visuelle et facilitent le retour sur les informations importantes.
Du gras + du surlignage ne rendent pas le lecteur plus intelligent.
Ils rendent les informations importantes plus faciles à repérer.
La question n’est donc peut-être pas de savoir si le surlignage est une bonne pratique. Ca pourrait l’être en théorie. La véritable question est de connaître sa valeur.
Ajouter un troisième niveau de lecture modifie le processus de production : les rédacteurs doivent désormais identifier les informations qui méritent d’être surlignées, définir des règles communes et maintenir cette cohérence dans le temps. Cet effort supplémentaire est-il compensé par un gain réel pour le lecteur ? le bénéfice apporté au lecteur justifie-t-il l’effort demandé aux équipes ?

